Champagne Michel GAWRON

La propriété ou au Domaine

Les cépages

Le Champagne est un vin effervescent construit autour de trois cépages, un blanc « le Chardonnay » et deux noirs « le pinot noir » et le « pinot meunier ».

Le Chardonnay

C’est le seul cépage blanc de la Champagne. Il représente environ 26% de la totalité des raisins récoltés. Certaines régions de Champagne le cultivent en exclusivité (région des blancs de blancs, Vertu, Avize, Oger,…). Les grappes sont de taille moyenne. La pellicule est épaisse. C’est un cépage sensible à l’oïdium, au mildiou et à la pourriture grise, surtout si il est marié à certains porte-greffes (partie racinaire du plant de vigne résistante au phylloxera). Son apport dans les assemblages ( action de mélanger les différents vins et les différentes années avant la mise en bouteille ) donne plus de finesse et de légèreté ainsi que certains arômes (pêche, pamplemousse, fruits jaunes,…) à condition de bien maîtriser la productivité de ce cépage ayant tendance à fournir beaucoup de raisins et prenant alors des notes herbacées et acides de citron vert.

Le Pinot Noir

C’est le même cépage que pour les Bourgognes rouges. Ses caractéristiques sont bien connues.  Il est planté partout dans le monde. Il donne des grosses grappes de raisin noir. Ses gros rendements lui procurent des problèmes de maturité. Quand cette maturité est optimale, il apporte au vin de Champagne de la vinosité, du fruit  (framboise, groseille, fraise,…) et de la structure. Il représente 36% de la récolte totale en Champagne. Certaines régions le cultivent seul. C’est alors le « Blanc de noir » (Ambonnay, Bouzy, …).

Le Pinot Meunier

Il est nommé ainsi parce que ses feuilles semblent saupoudrées de farine lors de leur croissance. C’est un cousin du Pinot Noir ( sans doute un cépage qui se serait adapté aux conditions septentrionales champenoises ). Il représente 38% des raisins de la Champagne. Ses grappes sont plus petites et plus denses. Les rendements à l’hectare sont souvent bien moindre que ses deux confrères champenois. Sa maturité en année normale est souvent optimale selon les porte-greffes choisis, ce qui apporte aux cuvées beaucoup de fruité (fruits exotiques, agrumes, fraise,…) et de fraîcheur. Certaines maisons le vinifient en cépage pur (Vallée de la Marne), mais en grande majorité il est associé aux deux autres pour un plus grand équilibre et une plus grande complexité aromatique (grandes cuvées). Sa présence dans notre région du MASSIF DE ST THIERRY est largement majoritaire, au sein de notre exploitation. Il représente 62% de nos cépages, le Pinot noir 15% et le Chardonnay 23%.

Les Vignes

Un vignoble de propriété est toujours composé de parcelles de vignes réparties sur plusieurs villages, plusieurs expositions, plusieurs déclivités de terrain procurant aux raisins récoltés des caractéristiques différentes. Au domaine, nous recherchons toujours la meilleur expression du terroir au travers de nos raisins.

Parcelles en coteau

L’exposition solaire y est optimale. La réflexion du soleil sur le sol calcaire champenois fait mûrir les raisins. La meilleure exposition est Sud-Est faisant bénéficier des rayons solaires matinaux pour évacuer rapidement la rosée nocturne génératrice de maladies et de pourriture grise en fin de cycle végétatif. Ces parcelles sont chez nous réservées au cépage Chardonnay. Leur travail y est plus difficile.Le drainage de ces terres est rapide et l’apport d’écorces fraîchement broyées y stabilise le terrain et évite l’érosion.

Parcelles en Plaine

Leur travail est plus aisé. L’absence ou la faible déclivité permet le travail du sol. Ces parcelles sont également amendées en écorces pour une nourriture naturelle de la vigne et un apport d’humus et de particules humiféres. Les cépages choisis pour ces vignes en plaine dépendent de la nature du sol et de leur capacité à mûrir. Le pinot noir et le pinot meunier y sont présents avec des porte-greffes adaptés.

Les sols

Les sols champenois sont majoritairement calcaires, mais leurs surfaces sont composées d’une couche plus ou moins importante de terre de composition différente selon les régions, les villages et les parcelles elles mêmes. La commune de POUILLON, légèrement surélevée par rapport aux autres villages du MASSIF DE ST THIERRY (région champenoise au Nord Ouest de REIMS) possède un sol dit « sparnacien » datant du Quaternaire crétacé supérieur caractérisé par un dépôt limoneux sur une fine base d’argile. C’est un sol particulièrement bien adapté au cépage Meunier taillé en taille longue sur charpentes courtes, car la vigueur procurée par la terre doit être maîtrisée par la production de bois (taille Guyot simple). Les villages avoisinant (MERFY, ST THIERRY, CHENAY) possèdent des sols à composante siliceuse avec des sous-sols sur base de sable calcaire beaucoup plus filtrant et s’essuyant plus vite. La taille employée dans ces villages est le Cordon de Royat, ou le Chablis (taille courte sur charpentes longues). Ces deux types de taille sont plus propices à ce type de sols.

Type de taille

Notre exploitation comporte trois types de taille ( la taille en Champagne est réglementée depuis le 17 Janvier 1978) : le Guyot, le Cordon de Royat pour les cépages noirs et le Chablis pour les Chardonnay en terrains pentus. La taille sur notre domaine y est raisonnable en privilégiant l’espacement et l’aération des futures grappes. Elle permet l’impasse depuis 15 ans sur les produits anti-pourriture et la maîtrise des rendements, car sur notre domaine, aucuns raisins ne restent dans les vignes après la vendange. 

Parcelles âgées

La durée de vie moyenne des vignes en Champagne est de 30 ans. La moyenne d’âge de nos parcelles est de 24 ans. Nous disposons aussi des parcelles de 44 ans, 37 ans, 35 ans donnant une qualité de vendange précieuse grâce à leur système racinaire ancré profondément dans le sol et à une productivité bien moindre. Les maturités y sont plus précoces et elles sont souvent vendangées en premier. Les raisins y sont petits et moins nombreux et de très bonne qualité.

Visite au Domaine

La propriété du Champagne GAWRON – MASSONNOT se trouve à POUILLON dans le MASSIF DE ST THIERRY ( Marne).

Il est possible de visiter la propriété sur rendez vous ( selon l’importance des travaux dans les vignes) en téléphonant au 03-26-03-11-79.

Le plan d’accès ci-joint permet d’accéder au domaine. Il faut compter 15 min du centre de Reims.

Le Travail

Travaux d’hiver : ce sont les travaux de sélection et de préparation du sol et de la vigne en vue de la campagne à venir.

Travaux de printemps : ce sont les travaux de préparation et de nettoyage de la vigne et de ses supports.

Travaux d’été : ce sont les travaux de protection et de maîtrise de la vendange à venir.

Vendange : récolte et extraction du jus des raisins.

Les Travaux d’hiver

Ces travaux s’étalent de la fin des vendanges aux premières chaleurs d’avril.

La Pré-taille

Elle permet un élagage grossier des bois libérant les fils palisseurs pour un dégagement plus aisé à la taille de la vigne. Elle est réalisée à la main à l’aide d’une pré-tailleuse  (genre de coupe haie à une seule rangée de dents) courant octobre – novembre, lorsque les feuilles sont tombées.

La Taille de la vigne

Cette opération permet de faire le choix des rameaux qui porteront les fruits à la prochaine récolte. Ce choix se fait d’après la qualité du bois, la répartition des futurs brins, leur futur exposition. Elle conditionne aussi la quantité de récolte à venir. Une taille soignée et bien pensée entraîne un travail sain et plus aisé pour le reste du cycle végétatif du pied de vigne. Elle se pratique de mi-Novembre jusqu’à fin Mars, c’est une part importante du travail du vigneron en temps et en responsabilité.

L’Amendement

C’est la nourriture du sol, donc de la vigne. Il peut être chimique sous forme de dérivés nitrés, de phosphates et de potasse, ou organique sous forme de fumier d’animaux, de décomposition végétale plus ou moins avancée. Notre choix sur l’exploitation est un amendement entièrement organique respectant au mieux la nature et le terroir sous forme d’écorces fraîches broyées de feuillus et de résineux additionnées de fumier d’animaux pour ses qualités humiférantes. Certaines parcelles manquant de vigueur peuvent être « dopées » à l’aide de fumier déshydraté pour stimuler la vie microbienne et lombricienne du sol. L’apport d’azote se fait par la lente décomposition des écorces. La gestion des phosphates. de la potasse et des magnésies ne pose pas de problème au vue des apports massifs des générations antérieures. Elles sont contrôlées annuellement par des analyse de sols.

Le Broyage des sarments

Une fois la taille de la vigne réalisée, les sarments coupés sont disposés en andains sur le sol dans les vignes et l’on passe le broyeur qui va déchiqueter le bois pour le transformer en matière organique facilement assimilable par le sol. C’est un apport supplémentaire pour la vigne.

Les Travaux de Printemps

Le Liage

Opération manuelle consistant à attacher à l’aide de liens les sarments choisis à la taille pour la fructification sur les fils de fer tendus et prévus à cet effet, de façon à guider la végétation sur l’axe du rang et à une hauteur donnée et constante. La facilité de cette opération dépend grandement de l’opération de taille de la vigne. C’est la deuxième manœuvre d’organisation de la végétation future.

Le Désherbage

La couverture herbeuse du vignoble amoindrit la réflexion solaire. Il faut donc limiter cette dernière, surtout sous les rangs de vigne. Il faut aussi limiter l’apport d’herbicide dans les sols, facteur de pollution phréatique et de mortalité lombricienne. Le choix sur l’exploitation est donc un désherbage léger chimique sous le rang et une maîtrise adaptée de l’herbe entre les rangs. Nous envisageons dans un proche avenir un travail complet de la terre sous le rang pour une maîtrise complète de l’herbe à ce niveau à l’aide de charrues adaptées à cet effet et permettre l’arrêt total des désherbants racinaires.

L’Ebourgeonnage

La taille de la vigne ne suffit pas dans la sélection des brins à conserver. La vigne (mis en souffrance par la taille drastique) tend à refaire croître des pousses au niveau de la souche et des charpentes. Ces brins en excès doivent être retirés manuellement sur chaque pied. Encore une fois, la propreté de la taille limite le travail d’ébourgeonnage. Il est également possible d’effectuer en cas de gros rendements sur certaines parcelles, un ébourgeonnage fructifère. Dans ce cas, on élimine des brins à fruits pour limiter le nombre de grappes à la vendange.

Travaux d’été

Remontage des fils

La végétation prenant de l’ampleur, il faut guider la végétation. Pour cela, une nouvelle opération consiste à retenir les brins en croissance désordonnée par des fils de fer tendus sur les rangs,  permettant de redresser les rameaux et de prévenir leur casse en cas de coup de vent.

Le Palissage

Une fois la pousse des brins suffisante, il faut démêler les brins d’entre chaque pied et les séparer tout en les verticalisant le plus possible. C’est le Palissage. Les brins des différentes souches sont séparés à l’aide d’une agrafe qui sera enlevée après la chute des feuilles. La qualité du palissage évite les entassements de végétation et limite la pourriture sur les raisins.

Ecimage et Rognage

C’est l’opération de taille en vert. La maîtrise de la végétation est obtenue par une coupe régulière et précise des brins à l’aide d’une machine sur le dessus, dans un premier temps (c’est l’écimage), puis sur le dessus et les cotés après le palissage (c’est le rognage). Cette maîtrise de végétation permet de conserver un ratio idéal entre la photosynthèse (feuilles et brins) et la vendange (grappes à mûrir) et permettre de profiter au maximum des heures de soleil à la vigne.

Traitements raisonnés

Les maladies cryptogamiques sont dépendantes du pourcentage d’humidité dans les vignes. La Champagne est une région très humide. Il faut donc la protéger de toutes ces attaques en règle des microrganismes. Mais, au domaine, cette défense ne relève pas du systématique. Les avertissements de la SRPV (Société Régionale Préventive des Végétaux) et surtout une observation minutieuse à la parcelle permettent de prendre les décisions de traitement. De plus les techniques de protection « propres » sont privilégiées. La confusion sexuelle par exemple, (technique permettant de lutter contre les vers de la grappe par inondation aérienne d’une hormone imitant l’hormone de repérage des papillons femelles par les mâles rendant impossible leur fécondation) nous a permis de n’utiliser aucun insecticide depuis quatre ans !   Les produits de traitement sont toujours choisis en fonction de leur respect de la faune et de la flore (Typhlodrome, coccinelles, …)

Vendange

Arrive Septembre avec son lot de soleil et de pluie, c’est l’heure des vendanges. Les préparatifs de la récompense commencent.

Sélection des parcelles à vendanger

Les parcelles sont toutes prélevées et mesurées quelques semaines avant la date des vendanges. Les mesures sont reportées sur des graphiques afin de tomber sur le point exact de maturité désirée en fonction de la climatologie et de l’évolution des degrés. En Champagne, une maturité trop avancée serait préjudiciable à l’acidité indispensable à la confection d’un grand Champagne. Il faut donc choisir la date judicieusement. Les vieilles vignes sont souvent les premières cueillies car leur charge en raisin est plus faible. Leur maturité arrive plus vite.

Cueille et tri

Chaque grappe est cueillie à la main et déposée dans un panier à bras (environ 8 kg). Ce panier, une fois rempli par le(a) vendangeur(se), sera vidé dans une caisse de raisin ne dépassant pas les 45 kg pour éviter l’écrasement de ceux ci au fond et leur macération avec le jus qui colorerait alors le futur Champagne. Si la grappe comporte une imperfection (pourri, mildiou, oïdium) le vendangeur a pour mission de tailler dans la grappe pour éliminer le défaut et ne pas le faire entrer dans la caisse de raisins sains. Le chef de l’exploitation y veille fermement.

Transport des raisins

Une fois la journée de cueille terminée, les caisses sont positionnées sur des plateaux posés sur le chariot pour être acheminées au centre de pressurage.

Pesée et sélection – tri

Arrivée au pressoir, les caisses sont pesées, identifiées, répertoriées puis classées par analogie de cépages et de zone de récolte pour obtenir, au sein d’un village, une cuve de même caractéristique.

Pressurage

Pour obtenir du vin rouge, il faut que les peaux noirs des raisins macèrent avec les jus incolores des baies. En Champagne,  pour obtenir du vin blanc avec des raisins noirs, les peaux ne doivent pas rester en contact avec le jus. Pour ce faire, il faut donc :

  • Peu de temps entre la cueille et le pressurage
  • Des baies intactes jusqu’au pressurage
  • Un pressurage à basse pression et rapide(<2h) avec le moins de trituration possible

4000 kg de raisin donnent deux0 hl de « Cuvée » et 5 hl de « Taille ». Les caisses sont donc versées dans le pressoir et les raisins sont écrasés pour en extraire le précieux jus.

Début de vinification

Une fois le jus écoulé, il faut après avoir séparé « Cuvée » et « Taille », laisser déposer le jus pour que par gravitation les bourbes (gros amas colloïdaux et particules de la pulpe des raisins) se déposent et soient séparés du surnageant clair (jus et futur vin).

Travail du vin

Chaptalisation

Le jus débourbé est mesuré au densimètre pour préciser exactement sa concentration en sucre, donc son degré alcoolique potentiel. Après lecture et calcul sur table de chaptalisation, on ajoute la quantité de sucre nécessaire pour obtenir in-fino 10.8 °GL à l’issu de la première fermentation en cuve.

Ensemencement

Après chaptalisation, vient la phase d’ensemencement des jus afin d’être certain que les levures sélectionnées effectueront un travail de fermentation sans dérive organoleptique préjudiciable ni dérive de fermentation (acidité volatile, consommation de SO2 , …). Va s‘en suivre la fermentation alcoolique en cuve inox thermorégulée pour éviter les thermolyses aromatiques et les arrêts de fermentation dues à la surchauffe. Suivra après celle-ci la fermentation « malo-lactique » ( transformation de certains acides du vin).

Soutirage

Le soutirage est l’opération de clarification du vin. Après les différentes fermentations terminées, les levures meurent faute d’aliment (sucres) et se déposent au bas de la cuve. Il suffit alors de pomper le surnageant limpide pour obtenir un vin clair de Champagne.

Passage au froid et filtration

Le vin, une fois soutiré, doit être filtré pour obtenir un vin parfaitement limpide. Cette opération s’effectue après passage au froid (stabilisation du vin et précipitation du tartre) et passage au travers d’un filtre sur base de sable neutre aggloméré à de la cellulose.

Assemblage

C’est l’action de mariage des vins si spécifique à la Champagne. En effet, le vin de Champagne est rarement issu d’une même année (millésimé) ou d’un même cépage. C’est par définition depuis sa naissance en 1703 ( Dom Pérignon nous y a bien aidé) un vin qui obtient sa complexité et sa finesse grâce au mélange des qualités des trois cépages nés dans différents terroirs. Toutes les grandes maisons de Champagne ont leur « Assemblage » si spécifique au goût de leur Champagne. Il existe environ 4600 « Assemblages » différents en Champagne pour pouvoir satisfaire tous les palais de la terre entière, si hétéroclites d’un individu à l’autre.  Il est essentiel également de suivre les analogies de goût d’une année sur l’autre malgré les variations de climats pour garder un profil à notre Champagne et ne pas désorienter la clientèle. Il va donc s’agir de trouver les pourcentage des différentes cuves à marier (vin de réserve de un, deux, trois ans compris) pour « imaginer » le goût du Champagne futur une fois la prise de mousse réalisée.

Mise en bouteille et prise de mousse 

Vient alors le moment d’emprisonner le vin en bouteille, après avoir ajouté en quantité connue le sucre de canne, les levures et quelques produits de vinification. Le vin est mis en bouteille, puis celle-ci est scellée à l’aide d’une capsule étanche. Les levures ajoutées au vin vont alors lentement consommer le sucre et produire du CO2 qui va se dissoudre dans le Champagne, en position couché dans nos caves et lui conférer sa mousse si caractéristique. Il faut 15 mois à la bouteille pour être commercialisable. Au domaine, nous les conservons 28 mois pour une meilleure maturité en bouteille et satisfaire nos clients dès l’achat, sans aucune spéculation obligatoire en cave. Le Champagne est un vin des rois, donc un vin de fête. Il doit donner plaisir instantanément dès son acquisition !

Remuage

Après leur lente évolution, les bouteilles initialement en position couchées et au repos vont être placées sur des remueurs automatiques. Ces machines vont redresser un tout petit peu les bouteilles toutes les 6 heures pour faire glisser le dépôt de levures du ventre de la bouteille vers le goulot.

Dégorgement

C’est une des dernières opérations sur les bouteilles et sur le vin. Le dépôt étant concentré dans le goulot, celui-ci est plongé dans un bac de saumure à  –25° pendant 10 minutes. Un glaçon de vin se forme emprisonnant les levures. La bouteille est alors descellée et le glaçon est expulsé sous la pression du vin de Champagne. Ne reste plus alors qu’à additionner de la liqueur d’expédition (1 kg de sucre pour 1 l de vin clair de Champagne) à raison de 1,3 cl par bouteille ( chez nous) pour le BRUT et 2,6 cl par bouteille (pour la Cuvée Amandine). Puis l’on scelle à nouveau la bouteille avec un bouchon et un muselet. Les opérations sur le vin sont terminées.  Ne reste plus qu’à habiller la bouteille après avoir attendu trois mois que cette liqueur se mêle correctement avec le vin.

Les Cuvées

Cuvée Tradition ( 0,75 l)

Notre Champagne de base. Expression typique de nos terroirs, ce Champagne caractérise par ses arômes et sa vinosité l’âme de nos terres et leurs richesses. Vin de caractère avec une attaque franche, le bullage est fin et la cordon de taille moyenne. Le premier nez est souvent d’agrumes et de fruits frais (fruits de la passion, pamplemousse, ananas). Les nez les plus délicats y détectent souvent la fraise et l’abricot. La mise en bouche découvre fraîcheur et longueur. C’est un Champagne qui persiste en goût et ne laisse pas indifférent. Sa déglutition est fluide et souple.

18% chardonnay, 15% pinot noir, 67% pinot meunier ( dont 60% de vieux vins).

Cuvée Prestige ( 0,75 l)

Notre Champagne d’élite. 50% chardonnay, 25% pinot noir, 25% pinot meunier (dont 15% vieux vins). Sa construction, sur une majorité de chardonnay, lui confère beaucoup de légèreté et beaucoup de finesse. Sa maturité optimale (5 ans de cave pour une évolution complète du chardonnay en bouteille) va lui transmettre une longueur en bouche exaltante, conférant avec l’apport des deux autres cépages des arômes complexes et variés. Le bullage est fin et la cordon persistant, le premier nez de pêche et de pamplemousse, puis noisette, blé tendre, fleurs blanches, tilleul pour finir sur des notes de miel et de caramel. La mise en bouche révèle un Champagne à parfaite maturité, souple et de bonne attaque, rafraîchissant sans être agressif, une très belle persistance aromatique rappelant bien les sensations au nez.

Cuvée Amandine ( 0,75 l)

C’est la cuvée « Tradition ». Mais au dégorgement, nous y avons ajouté 2,6 cl de liqueur de dégorgement pour lui conférer une sensation plus sweet. Ses caractéristiques seront les mêmes que pour la cuvée de base mais conviendra mieux aux palais habituellement agressés par la vivacité des Champagnes BRUT.

Cuvée Rosé ( 0,75 l)

Rosé obtenu par saignée sur cuve (légère macération des peaux avec le jus) pour lui conférer cette couleur et ces arômes caractéristiques de fruits rouges (fraise, framboise, groseille, cassis,…) tout en conservant les qualités d’un grand Champagne BRUT. Ce vin peut facilement accompagner un repas de viande légère ou bien des fruits rafraîchis au dessert.

Magnum Brut (1,5 l)

C’est par définition le meilleur contenant des vins. Le Champagne est plus à son aise et s’exprime toujours mieux sortant d’un magnum que d’une bouteille ( et à fortiori d’une demie bouteille). Base de la cuvée « Tradition » mise en magnum (1,5 l).

Les années en Champagne

Année 2004

Année de grande production, c’est un année de suite aux gels de 2003. La vigne cherche à compenser la pauvre récolte de 2003 en sortant beaucoup de raisin. L’hiver est moyennement marqué, le printemps assez humide, et le mois de Juin très beau assurant une floraison parfaite. Le mois de Juillet reste beau sur sa première quinzaine puis installation d’un temps médiocre, frais en Août et très pluvieux entraînant des début de pourriture dans les vignes. Début Septembre, retour du soleil qui sèche les foyers de maladie et assure une bonne maturation. Bonne maturité bon équilibre des vins ( les chardonnay sont un peu en retrait).

Année 2003

Année du gel des vignes en Champagne. L’hiver est froid mais s’achève très vite et Février et surtout Mars voient des journées ensoleillées et chaudes. La vigne éclos fin Mars pour subir une semaine de gel début Avril, (surtout le 7 Avril, gel de 50% des vignes en Champagne). Le reste des stades phénologiques se déroule normalement. Le mois de Juillet et d’Août sont particulièrement beaux et chauds, accélérant la maturité. Les vendanges débutent le 28 Août pour finir le 2 Septembre (date exceptionnelle). La récolte est des 2/3 de la normale. La maturité est assez avancée et manque d’acidité.

Année 2002

Belle année qui commence par un hiver sec et doux. Le printemps est plutôt humide et doux. La vigne débourre à la mi-Mars. Avril est un peu plus froid et des gelées frappent les villages avoisinants. Le mois de Juin est beau et chaud faisant pousser la vigne comme un champignon. La fleur apparaît le 15 Juin sur une importante récolte. Le mois de Juillet est très beau mais Août nous a amené des pluies et la pourriture s’installe et dégrade les pinot meunier les plus avancés en maturité. La récolte sera donc de belle quantité avec des raisins sanitaires moyens.

Année 2001

L’hiver est doux et humide. Mars sera plus froid mais très très humide avec des volumes d’eau importants. Avril voit toujours beaucoup de pluie.  Eclosion de la vigne mi-Avril, du retard dans les cycles de la végétation au vue des précipitations. De plus, il faut se battre contre le mildiou qui fait son apparition. Mai se montre beau et chaud ainsi que Juin. La floraison apparaît fin Juin. Juillet sera chaud mais humide avec de gros orages et fin Juillet, un orage de grêle nous fait perdre 30% de la récolte sur Merfy. Août sera beau mais Septembre voit le retour de la pluie. La vendange va être attaquée par la pluie. La maturité sera dure à atteindre. Nous vendangeons le 20 Septembre des raisins de qualité moyenne.

Année 2000

Une année avec encore treize lunes ( la deuxième de suite). Le début est  catastrophique avec une tempête sans précèdent, puis  l’hiver doux et humide favorise l’apparition de la maladie très tôt dans la saison. Un mois de Mai commençant chaud et sec puis l’humidité,  l’utilisation du nouveau désherbant menace la moitié du vignoble champenois. Les pluies de Juillet font trembler les viticulteurs en sursis pour le « Mildiou ». La fleur se passe magnifiquement mais les vers de la grappe en première  puis en deuxième génération sont très présents. Après une nouaison généreuse, les pluies et les orages de grêle  du 2  Juillet ruinent les espoirs de certains vignerons .

Au total une année encore bien difficile à gérer sur beaucoup de points. Heureusement la récolte à été sauvée et de belle quantité. Les efforts ont été récompensés. Des vendanges agréables sous un soleil de plomb, une qualité en demi-teinte au regard de la pourriture et du manque d’acidité.

Année 1999

Une année assez régulière du point de vue déroulement de la végétation. Les gelées ne nous ont pas touchées et le débourrement s’est opéré dans des conditions normales. La floraison a traîné un peu mais s’est déroulée tout à fait favorablement ! Une petite frayeur face au  faux mildiou du mois de Mai (taches sur feuilles due au pénétrant utilisé) et en Juin au cours de l’accident d’enjambeur. Mis à part une attaque de vers de première  génération assez importante qui restera sans conséquence pour la récolte, une année calme sur le plan des maladies. Nous passons au travers des orages de grêle du mois d’Août et Septembre ! A noter le temps magnifique de la période de la maturation qui nous offre une vendange saine et de grande qualité.

Une vendange sous estimée et très belle, un peu pluvieuse mais magnifique.

Année 1998

Les conditions climatiques n’ont pas été optimales avec un printemps très humide, la canicule sur une quinzaine de Mai, puis la pluie jusqu’au 10 Juin. La fleur s’est juste faite pendant les beaux jours de Juin et de façon irrégulière. Le mois de Juillet était insolemment triste et humide avec une belle protection vigilante ( heureusement car le mildiou guettait ). La chaleur est arrivée trop vite et trop forte pendant le mois d’Août et a grillé les raisins exposés ! Le bilan de récolte est positif et rassurant sur la conduite menée le long de cette campagne moyennement facile ! Et cela grâce à la belle récolte des Chardonnay  et des Pinot meunier de Merfy.

Année 1997

Année très très compliquée à gérer, tant par la climatologie que par la stratégie prophylactique. La saison commence avec un hiver rude et très froid  ce qui provoque des gelées d’hivers avec mort de ceps. Suivi de près d’un printemps sec et froid avec des gelées de printemps. Puis la fleur se passe relativement bien pour le village mais suit la pluie et les orages avec attaque rapide et très intense du mildiou. Les vers ne nous ont pas trop épargné avec une attaque de première  génération assez importante, en deuxième génération cela était plus modéré. On remarque un échec partiel du désherbage fractionné dû à un positionnement difficile du deuxième passage au vue de la climatologie. La pourriture pédonculaire nous enlève quelques kilos de raisins à l’are. On remarque un défaut dans la protection « Mildiou » malgré la cadence soutenue et l’utilisation de produits variés, surtout après déclaration de la maladie. L’échec provient peut être de la dilution du produit dans la végétation pendant la phase de pousse équatoriale du début du mois de Juillet, période de sensibilité importante de la vigne après la fleur.  En conclusion, malgré l’année très difficile de grande maladie des vignes sur l’exploitation, nous ne nous en tirons pas trop mal même si les vieilles vignes ont fortement fait chuter la moyenne.

Année 1996

L’année 96  fût une année pleine de surprise. L’hiver traîne et n’en finit pas. Puis en Mai, apparition des premières chaleurs, la nature explose et la vigne aussi ! Puis Juin  avec beau et chaud puis froid d’un seul coup avec la coulure, le reste de l’année est toujours froid et sec avec toujours du vent froid. Arrive Septembre avec pluies, et orages. Les raisins commencent à s’altérer. Puis retour du beau temps juste quand il le faut.  Et là, la vendange est de belle qualité avec des degrés et une acidité jamais vus !

Année 1995

Une année encore un peu difficile. Janvier est pluvieux et doux. Février est très humide et doux aussi. Mars voit des pluies importantes entrecoupées de périodes de soleil. Avril fait éclore la vigne et des gelées apparaissent sans conséquence pour nous. Début Mai est très chaud et fait bien pousser la vigne. Juin fait revenir la pluie. Le mildiou s’installe pour ne plus nous quitter avant les vendanges. Le 27 Juin, date de la fleur. Juillet est chaud et lourd avec des orages favorisant la maladie. Septembre se montre gris et froid. Les vendanges en cette fin de mois se déroule sous la pluie, donnant des raisins botrytisés. Les degrés tournent autour de 9° GL. C’est un peu plus beau pour les chardonnay.